Types de l'anesthésie
A. Anesthésie locale & loco-régionaleDans ce type d'anesthésie, le principe est celui de l'anesthésie de contact entre la drogue et la fibre nerveuse. Comme nous l'avons déjà souligné, le produit anesthésique est connu depuis longtemps, puisqu'il s'agit d'un dérivé de la cocaïne. Les anesthésiques utilisés actuellement ont pour nom : Xylocaïne*, Marcaïne*, Duranest*, ou bien Citanest*, Pontocaïne*. Dans l'anesthésie locale, on insensibilise seulement l'endroit que l'on veut ouvrir, par exemple une dent et la partie de gencive correspondante. L'anesthésie loco-régionale concerne, elle, toute une région, tout le territoire innervé par un tronc nerveux.
Les anesthésies locale et loco-régionale sont utilisées pour les petites opérations localisées, par exemple au niveau des mains, des pieds, des dents etc. Mais toutes les opérations sont susceptibles de bénéficier de ce type d'anesthésie.
B . Anesthésie localeL'anesthésie locale est la plus connue, et la plupart d'entre vous en ont probablement déjà subi une. Elle ne prend que quelques minutes : il suffit d'injecter la Xylocaïne* dans la zone à opérer à l'aide d'une très fine aiguille .
C . Anesthésie régionalePour réaliser une anesthésie régionale, il existe plusieurs techniques. La première est l'anesthésie locale en intraveineuse sous garrot (c'est l'anesthésie dite « canadienne »). On place un garrot à la racine du membre, et l'on injecte dans les veines une solution diluée d'anesthésique local. L'anesthésie tronculaire consiste à injecter l'anesthésique à proximité d'un plexus nerveux, par exemple dans l'aisselle, l'aine, ou au niveau du cou.
D . RachianesthésieL'anesthésie la plus communément pratiquée est l'anesthésie rachidienne ou rachianesthésie. Elle consiste à effectuer une ponction lombaire (index, Examens complémentaires) au-dessous de la première vertèbre lombaire (au-dessus, il y a risque de léser la moelle épinière), puis à injecter dans le liquide céphalo-rachidien une solution anesthésique locale qui entraîne une paralysie de la partie inférieure du corps.
Cette anesthésie est utilisée pour les opérations de l'appareil urinaire, en gynécologie-obstétrique, et pour les opérations orthopédiques du membre inférieur (genou, cheville, etc.). On peut la réaliser en effectuant une injection unique. Il s'agit d'une anesthésie rapide et puissante, mais que l'on ne peut pas prolonger. Il existe une technique en continu : on introduit un microcathéter (petit cathéter) dans le canal rachidien ce qui permet d'entretenir l'anesthésie. Mais cette technique a un inconvénient : il y a un risque d'infection et de fuite du liquide céphalo-rachidien lors de l'ablation du cathéter (avec danger de céphalée).
E . PériduraleL'anesthésie péridurale consiste à pratiquer une ponction réalisée avec une aiguille un peu plus grosse que celle utilisée pour la rachianesthésie. On ne franchit pas les diverses barrières méningées, car l'on respecte la dure-mère, la couche la plus externe des enveloppes fibreuses qui entourent le tissu nerveux (index, Anatomie du système nerveux). On injecte l'anesthésique dans l'espace péridural, c'est-à-dire à l'extérieur de la dure-mère. Cette anesthésie est moins dangereuse et permet de mettre en place un cathéter de plus gros diamètre. Si, du fait que l'on reste en dehors des méninges, l'effet anesthésique se fait sentir moins rapidement, il dure, en revanche, plus longtemps.
L'avantage de cette technique, par rapport à la rachianesthésie, est que l'on peut la pratiquer à tous les étages de la moelle épinière, puisque l'aiguille est plantée en dehors de la dure-mère.
C'est ainsi que l'on fera une injection : - au niveau dorso-lombaire pour la chirurgie digestive et thoracique ; - au niveau cervical pour la chirurgie du membre supérieur, du thorax, des seins ou des artères carotides ; - au niveau lombaire pour les mêmes indications que la rachianesthésie ainsi que pour les indications obstétricales ; - au niveau du sacrum, en appliquant la technique de l'anesthésie caudale, utilisée en pédiatrie pour des opérations urologiques.
Il existe quelques contre-indications qui rendent impossible ce type d'anesthésie : - le refus du patient : vous avez parfaitement le choix et la liberté de préférer une anesthésie générale, sauf si votre état de santé rend préférable une anesthésie locale ; - un trouble de la coagulation sanguine (index, Hématologie); - un foyer infectieux (furoncle, par exemple) à l'endroit de l'injection ; - une maladie neurologique évolutive, comme une sclérose en plaques ; - l'épilepsie et les convulsions ; - une allergie aux anesthésiques locaux.